Aujourd’hui, rencontre avec la snowboardeuse franco-suisse Anne Flore Marxer, Championne du Monde de Freeride.
Après avoir brillé sur le Freeride World Tour l’année dernière, elle continue de nous faire rêver avec ses projets vidéos hors pair (Pour voir son instagram, c’est par ICI ).
Sur son temps libre, elle se consacre aussi à des causes qui lui sont chères comme « Riders for Refugees« .

Fiche technique – Anne Flore Marxer

Débarquement sur terre : née le 24 janvier 1984 à Lausanne, en Suisse (j’ai 33 ans)    Anne-Flore-Marxer-Snowboard-Sportihome
Début de pratique : Je suis montée sur les skis avant même de savoir marcher, j’avais à peine 1 an ! Il faut dire que j’ai toujours baigné dans la glisse, mon père et mon frère faisant beaucoup de Freeride, en grandissant j’ai d’ailleurs fais pas mal de hors piste avec eux.

Mais pour le snowboard, je me rappelle que c’était l’année de mes 14 ans, étant de nature très curieuse, j’ai voulu tester. J’ai enfilé celui d’une copine, je me suis acharnée toute la journée et à la fin, je faisais n’importe quelle piste !

Discipline favorite : Le snowboard pour tout ce que ça représentait pour moi. J’ai commencé à l’âge de l’adolescence, et en pratiquant ce sport, j’avais une réelle impression de liberté, d’aventure, c’était pour moi mon échappatoire. De plus, c’était une belle occasion de bouger un peu partout dans toute l’Europe sur de gros rassemblements, de gros kickers, … Le top niveau sensations ! C’était un monde où je pouvais m’exprimer, être en montagne et rencontrer des gens ayant la même passion que moi.

Ta 1ère compet de Freeride : J’ai commencé par le freeride à 13ans.
Dans ma carrière de snowboardeuse, je suis passée par plusieurs disciplines : j’ai commencé par les big air, puis fais du rail en ville (street) et ensuite des compétitions de snowtrail..
C’était l’époque des 1ères vidéos filles, ça m’a permis de voyager un peu partout dans le monde pour aller tourner des images en montagne.
Je passais beaucoup de temps en hors pistes pour les films et petit à petit mon regard a changé, j’ai voulu prendre des pentes plus raides. De bout en bout, je me suis retrouvée sur une compétition de freeride que j’ai gagnée.

Un couloir que t’aimerais faire un jour: Il y a plein de trucs à Chamonix que je n’ai pas eu l’occasion de faire, même dans les Alpes en général.
Quand on fait des compets, on a très peu de temps pour pouvoir rider.
Ce que j’aime c’est être en montagne pour la beauté de la nature autour de moi, c’est même encore plus stressant que les compétitions car il faut être au bon endroit au bon moment. Ca donne des libertés encore plus grandes mais du coup c’est bien plus aléatoire.

Un rideur ou une rideuse qui t’inspire : Pas mal de filles qui ont repoussé les limites du sport, notamment en back country et en hors pistes : Marie-France Roy, Annie Boulanger, Victoria Jealouse, Nicole Angelrath.
A l’heure actuelle, il y aussi Anna Gasser qui déchire tout en big air, une nouvelle génération qui arrive avec un super niveau, un ride engagé et impressionnant.

Palmarès :
2016 : 1ère place au Chamonix Freeride World Tour, Verbier Freeride World Tour (2 ème place au classement général)
2015 : Chamonix Freeride World Tour, Alaska World Tour

2011 : Snowboard Freeride World Champion
2011 : 1ère Xtrem de Verbier
2011 : 1ère Freeride World Tour Chamonix
2010 : French Rider of the Year Award
2009 : Best international Rider of the Year Award
2008 : 2nd Most inuencial Female Rider of all times Award by Slack Magazine
2007 : Rookie of the Year Award by Transworld Snowboarding

Sponsors :
Cross Call, Swatch, Sosh, Peugeot, Buff (tour de cou) , Alpina (masques), Deuter (sac montagne), Natura Brasil (crèmes, shampoings, produits naturels), Racer (les gants)  

Meilleur trip : Il commence à y en avoir beaucoup ! 🙂
Mais si je devais en choisir un, ce serait le Groenland. On est parti en bateau à voile en complète autonomie pour réaliser le film SEDNA avec les skieurs Thibaud Duchosal, Laurent Jamet, Richard Amacker, Phil Meier et Laurent Javer le réalisateur.
Tout était incroyable, le son des icebergs qui craquent, le bruit de la nature, les couleurs de la neige blanche et de l’eau limpide. On a aussi eu la chance de faire une rencontre avec les Inuits.

 

-Quelques photos à bord du bateau-

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Interview d’Anne Flore Marxer

Sportihome Mag:  » Qu’as-tu fais ces derniers mois et sur quel spot de la planète bleue es-tu en train de profiter de la vie ? »

Cet été, j’étais journaliste sportive lors des Championnats du Monde de Surf, de Surf Junior au Japon et de SUP au Danemark.
J’ai adoré car, étant aussi une grande passionnée de surf, c’était l’occasion de rencontrer d’autres passionnés. Dans le SUP, j’ai appris plein de choses, c’était très inspirant, c’est un sport qui n’est pas le mien mais on se rend compte qu’il y a plein de similitudes.

Je suis rentrée du Japon il y a tout juste 1 semaine, c’était génial ! J’ai rencontré plein de jeunes venant des quatre coins du monde, nombreux sont là pour participer et représenter leur pays. Sur ce genre d’événements, c’est magique car c’est un réel mélange d’histoires et de passion.

En ce moment, je collecte des vestes chaudes pour « Riders for refugees ». Avec ma pote Aline Bock (aussi championne de freeride), on s’est donné 1 mois pour collecter le plus de vestes chaudes possible. On doit donc mobiliser les gens à donner des vestes de ski dont ils ne se servent plus et qui pourraient avoir une réelle utilité à ceux qui ont froid. Je ne peux pas rester insensible, j’essai donc de faire mon possible pour aider les personnes dans le besoin. Je pense que nous avons tous nous investir pour aider tous ces gens qui n’ont pas d’autres choix que de fuir la guerre.
On va donc faire plusieurs villes étapes à bord du van d’Aline pour récolter le plus de vêtements.

Sportihome Mag: « Qu’est-ce qui te plait dans le snowboard et qu’est-ce qui t’a poussé à choisir le freeride ? « 
Ce que j’aime dans le sport en général, c’est de me mettre de nouveaux challenges. J’ai donc essayé plusieurs disciplines de snow, j’ai fait de la compétition, … A chaque fois, tu repasses par la case départ, tout est à réapprendre. Tu as une réelle impression de grandir, de gagner en compétences.

Le snow, m’a permis de faire des choses merveilleuses, de partir à l’autre bout du monde, de me montrer un nouveau côté du sport que je ne connaissais pas avant. 

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Sportihome Mag: « Quels sont tes futurs plans ? »
Mon projet cet hiver, c’est de partir en Islande avec mon amie Alice Bock, à la découverte de l’histoire des femmes en Islande.
Je trouve qu’on n’a pas assez d’inspiration féminine dans les sports de glisse. C’est important pour moi de trouver des parcours qui inspirent, qui motivent les filles à venir en montagne, à se mettre à l’eau même quand elle est froide, … A travers mon film, je souhaite vraiment leur montrer que c’est quelque chose de magique.
L’Islande c’est parfait pour ça car c’est un endroit qui allie Montagne et Océan, mais c’est aussi un pays qui a évolué par et pour les femmes, ça me touche beaucoup et j’ai vraiment envie d’aller sur place pour ressentir cela.

Sportihome Mag: « J’imagine que tu ne fais pas que du snow freeride, quels sont les autres sports que tu pratiques et qu’est ce qui te plait ? »
Je fais aussi du surf et j’adore ça !
Le surf, ça a vraiment été un moment décisif dans mon parcours de snowboardeuse.
Un moment, j’ai vraiment ressenti la pression des sponsors, le côté industrie de mon sport et ça gâchait mon plaisir.
J’avais un réel besoin de repartir à zéro dans un nouveau sport.
J’ai donc commencé le surf : c’était 1ere fois que je tombais sur un sport que je n’arrivais pas à faire. Du coup, ça m’a encore plus motivé et je m’y suis mise à 100% !
Ca m’a réappris qu’on pratique tous ces sports de glisse parce qu’on s’éclate et que c’est vraiment pour le plaisir et les sensations.
Malheureusement, plus on progresse, moins on pratique pour le plaisir.
Et ce que j’aime dans le surf, c’est que pour moi ça sera toujours du plaisir et jamais de la performance.

En snowboard, j’ai plus d’exigences, je peux bien sûr me faire plaisir mais j’ai besoin de conditions optimales, de vraiment repousser mes limites.
En surf, finalement, qu’il y ait 20cm ou 2m, je vais toujours m’éclater et ça restera toujours un bon moment.

Ce qui est génial, c’est que dans les projets de snowboard, j’arrive maintenant à allier les 2 passions : j’ai surfé en Norvège, en Alaska, en Islande,…
Ca m’a apporté un réel équilibre au niveau physique bien sûr mais aussi au niveau mental car, à la fin de l’hiver, même si suis déçue qu’il n’y ait plus de neige, je me dis que je vais surfer et je suis ravie de me retrouver à l’eau !
Et inversement, à la fin d’été, je suis ravie de retrouver les montagnes, ça me donne encore plus de motivation.

Sportihome Mag: J’ai vu que tu as tourné dans une pub Blablacar pour le covoiturage entre sportifs, que penses-tu de l’économie collaborative et plus précisément ce partage de passion que Sportihome essaie de mettre en place ?
Je trouve ça vraiment top et très important. Ils permettent de réunir plein de gens et de mêmes passions.
Blablacar c’est ce que j’utilise dans mon quotidien, que je sois au volant ou même voyageuse.
Quand j’ai besoin d’aller quelque part, c’est très pratique, ça permet de rencontrer plein de gens qui font les mêmes sports que moi.
Il y a aussi ce côté écologique à prendre en compte. Quand on habite proche de la mer ou de la montagne on en est conscient.

L’économie collaborative, c’est une nouvelle façon vraiment sympathique de pratiquer le sport, de rencontrer des gens qui ont les mêmes passions et de pouvoir les partager. Ca change totalement l’expérience du sport.

Sportihome Mag: « Comment organises-tu tes déplacements, seule ou en groupe et comment gères-tu le logement ? »
Je suis plutôt aventure, je dors dans mon coffre ou alors dans le méga van de mon amie Alice comme on part souvent ensemble.
Sinon, il m’est arrivé plusieurs fois d’écrire sur mon Facebook « je suis à tel endroit, est-ce que quelqu’un a un canapé ?». C’est super drôle car je me retrouve finalement à dormir chez des amis d’amis ou des gens qui me suivent. C’est super chouette de les rencontrer !

J’aime bien faire les choses au jour le jour, ça me permet de faire de très belles rencontres.
En voyageant, j’ai toujours dormi sur le canapé des gens et les gens ont toujours pu dormir sur le mien, ça créé un réel échange.

Sportihome Mag: « Serais-tu prête à héberger des snowboarders / snowboardeuses chez toi et leur faire découvrir ton home spot ? »
C’est déjà le cas.
Après, je suis toujours en vadrouille, c’est plutôt moi qui vais dormir sur le canapé des autres ! ^^
Mais oui chez moi on a toujours fais ça, accueillir, rencontrer d’autres personnes, échanger sur notre sport etc.

Merci beaucoup et à très bientôt !

 

Anne-Flore-Marxer-Snowboard-Sportihome


 

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