Le bipède sapiens sapiens déteste s’ennuyer. Et son génie le pousse à sans cesse explorer de nouveaux domaines de sensations. Vous avez sûrement remarqué qu’un nouvel engin de glisse a pris possession des plages depuis deux ans. Son nom de code : wing (ou wing surf, wing foil). Le concept de la wing remonte aux années 80. Ce concept d’aile est largement utilisé depuis longtemps dans les pays du nord pour glisser sur la glace. C’est grâce au développement du foil que la version aquatique et moderne de la wing a pu voir de nouveau le jour. Considéré au début comme une mode passagère, la pratique du wing est désormais ancrée dans les esprits. Faible encombrement du matériel, légèreté de l’aile, excellentes sensations accessibles à tous en un minimum de temps, le wing foil permet de rider sur des spots jusque là impraticables en windsurf ou en kitesurf.

Si vous n’avez pas encore essayé, n’hésitez surtout pas et jetez un œil à nos « 5 conseils pour débuter le wing foil ». L’équipe de Sportihome Magazine sait que votre curiosité est insatiable. C’est la raison pour laquelle nous vous avons préparé ce guide pour progresser en wing foil et devenir un wingsurfer. Bienvenue dans la glisse freeride du futur ! Dossier réalisé en collaboration avec Richard Boudia de Takuma/Wing Ride, votre maître Yoda de la glisse (en beaucoup moins ridé et moins vert).

Progresser en wing foil, les bons conseils pour devenir wingsurfer

Petit rappel pour ceux qui discutaient au fond de la classe. Voici ce qu’est le wing foil en vidéo !

Progresser en wing foil : naviguer en toute sécurité

Beaucoup moins radical et extrême que le kitesurf, la pratique du wing foil peut tout de même engendrer quelques blessures. En effet, le foil fixé sous la planche, notamment les ailes, est presque aussi efficace qu’une trancheuse à jambon. L’image fait froid dans le dos mais le potentiel est là. Cependant, les accidents graves sont très, très rares. Alors, pour limiter le facteur de risque nous vous invitons fortement à suivre notre posologie pour naviguer en sécurité et sereinement. Lors de vos premières sorties en wing foil, une combinaison intégrale est indispensable ainsi que des chaussons et un casque. Si vous êtes un poil hypocondriaque, vous pouvez éventuellement vous équiper d’un gilet d’impact. Mieux vaut avoir plusieurs couches pour se prémunir d’un contact impromptu avec le foil et atténuer les claquages à la surface de l’eau.

Le matériel pour se faire plaisir

Ces indications sont valables pour un rider de 75 kg (à ajuster selon votre morphologie).

  • Surface de wing : 4 m2 à 5 m2
  • Surface aile avant : 1600 cm2 à 2000 cm2
  • Longueur de mât : 70 cm à 90 cm
  • Volume de planche : 100 litres. Ne cherchez pas à réduire trop vite le volume. Être trop gourmand est souvent un frein à la progression.

Les bonnes conditions pour s’envoler

Un plan d’eau plat ou très légèrement clapoteux est évidemment la meilleure configuration pour progresser en wing foil. Si votre aire de jeu est farcie de vilaines et vicieuses petites vagues, vous aurez tendance à être trop focalisé sur le maintien de votre équilibre. La conséquence directe est de ne pas être suffisamment à l’écoute des sensations de la wing et du foil. Au niveau du vent, 15 à 20 nœuds sont parfaits pour prendre facilement de la vitesse sans avoir à pomper comme une brute avec votre wing. Quant à l’orientation, un vent side shore à side on shore (parallèle à la plage ou soufflant légèrement de la mer) est la meilleure configuration. Le vent on shore n’est plus à frein à la progression car vous pouvez vous dégager facilement du bord (cf. la mise à l’eau).

Attention ! Ne naviguez jamais avec un vent off shore (soufflant de terre) qui vous pousse vers le large.

wing foil

Avant d’affronter le grand large

Une petite séance d’entraînement sur la plage aide à se familiariser avec le maniement de la wing. Jouez avec votre wing debout pour bien sentir la position dans laquelle elle génère de la traction verticale. Avec seulement la main avant sur la poignée avant, vous constaterez que votre wing exerce une légère portance. Ensuite, mettez-vous en condition de départ. Deux options sont possibles pour la position de waterstart. Vous partez avec les deux genoux sur la planche avec le haut du corps face au nez de la planche. Sinon l’autre solution est d’avoir le pied avant posé sur la planche et le genou arrière posé. Nous vous conseillons la deuxième position car vous n’avez plus qu’une étape intermédiaire pour vous mettre debout. Ainsi, vous limitez fortement les mouvements parasites qui déstabiliseront la planche.

La mise à l’eau

C’est presque la partie la plus galère du wing foil mais tout reste relatif… La plupart des planches du marché sont équipées d’une poignée de portage, ce qui facilite cette étape. Une fois dans l’eau avec suffisamment de profondeur, vous pouvez monter sur la planche. Pour ne pas être encombré avec la wing, vous pouvez la poser sur le nez du flotteur. Si le vent est trop on shore, vous pouvez vous éloignez du bord en ramant sur la planche avec la wing calé sur l’extrado et les pieds posés sur le bord d’attaque. Le fait de se déplacer aussi facilement est un avantage de dingue pour se recaler sur le plan d’eau ou s’éloigner du bord si dévente il y a.

Cette autonomie est la porte ouverte à rider sur de nouveaux spots. Une fois sur votre planche, prenez la wing par la poignée avant. Vous sentirez une légère traction vers le haut qui vous stabilisera. Calez-vous dans la position de départ : planche vent de travers, wing au-dessus de la tête.

L’astuce du chef n°1

Vous aurez du mal à rester calé vent de travers. Pour vous replacez, vous avez deux solutions :

  1. La wing est seulement maintenue par la poignée avant. La main arrière rame pour replacer flotteur et rider vent de travers. C’est la solution la plus facile et efficace.
  2. Avec les deux mains sur les poignées, orientez la wing vers l’avant ou l’arrière. Bord d’attaque légèrement vers l’avant, le nez s’oriente dans le sens du vent. Bord d’attaque légèrement vers l’arrière, le nez s’oriente vers l’axe du vent.

L’astuce du chef n°2

Pour vous familiariser avec le maniement de la wing sur l’eau et sentir la bonne position de traction ainsi que le bon angle, entrainez-vous sur un sup (stand up paddle). Quand vous aurez trouvé les bons repères de puissance de votre wing, le passage sur une planche équipée de foil sera plus facile. En effet, vous pourrez concentrer votre énergie sur le bon placement des appuis et gérer ainsi plus facilement le vol.

Progresser en wing foil : la prise de vitesse et l’envol

Désormais plus rien de peut vous arrêter : en avant Guingamp ! En arrière Quimper est une option à proscrire. Vous êtes de profil au-dessus de l’axe longitudinal de la planche, avec le pied avant et le genou arrière posé. Bordez la wing en tirant un peu sur la main arrière et en la basculant légèrement devant vous. Pour plus d’efficacité, la main arrière vient chercher une poignée bien écartée de la main avant (plus d’une largeur d’épaule). Dès que la planche avance, mettez-vous complètement debout avec le pied arrière juste devant le mât du foil. Au niveau de l’écartement des pieds : un tout petit peu plus qu’une largeur de hanche. Pour faciliter l’envol, abattez très légèrement sur quelques mètres en donnant quelques coups de pomping avec la wing. Cela se traduit concrètement par une succession de flexion-extension avec les bras. Partez de la position bras tendus. Sans cette action de pomping, vous ne décollerez pas sauf si vous sortez par 35 nœuds de vent…

wing surf

La stabilisation du vol

Jusque là tout va bien et votre brushing est toujours à votre avantage… mais plus pour très longtemps. C’est à partir de maintenant que vous êtes susceptible de brouter de l’eau salée par les narines. Et oui ! Rassurez-vous, les accélérations sont franchement moins foudroyantes qu’en winfsurf foil ou en kite foil. Avec l’accélération induite par le pomping, le foil créé sa portance et vous décollez du plancher des poissons. Dès que vous prenez de l’altitude, il faut remettre la planche à plat en plaçant le poids du corps sur la jambe avant. Simultanément, libérez un peu de puissance dans la wing. Le passage du poids du corps sur le pied avant se fait par un déplacement du bassin. Lors de vos premiers décollage, l’amplitude de ce déplacement sera trop important ce qui entrainera une inévitable gamelle. Pas de panique car, grâce à votre cerveau et son instinct de survie, vos actions vont se modérer rapidement.

Progresser en wing foil : le demi-tour

Partir, c’est bien. Revenir, c’est bien aussi d’où la nécessité de faire un demi-tour. En wing foil, le demi-tour se réalise dans le sens du vent. C’est ce que l’on appelle un jibe. Il est tout à fait possible de faire un virement de bord (en passant face au vent) mais cette manœuvre est beaucoup plus technique. Le meilleur moyen de progresser en wing foil et de faire demi-tour est de se poser. Puis, une fois à plat ventre, vous faites faire un 180 degrés à la planche. Lorsque vous êtes sur l’autre bord, recommencer les étapes du waterstart. Passer par cette étape intermédiaire vous permet de travailler la technique de démarrage sur les deux bords. Un conseil : ne cherchez pas à partir trop loin. Obligez-vous régulièrement à évaluer votre distance par rapport à votre point de départ.

Comme dans tout sport, la phase d’apprentissage absorbe beaucoup d’énergie et on se fatigue vite. Qui dit fatigue, dit perte de lucidité – les muscles sont moins toniques – et c’est à se moment que les chutes sont moins bien gérées et que l’on peut se blesser. Le fameux syndrome du « Aller un dernier petit bord ! ».

Quand vous serez plus à l’aise en vol, vous pourrez attaquer le demi-tour en l’air. Pour se diriger, un appui sur les orteils vous emmène dans le sens du vent. Si vous appuyez sur les talons, vous remontez vers l’axe du vent. Au moment d’attaquer la courbe avec un appui orteil, lâchez la main arrière et placez votre wing au-dessus de vous, comme un parasol. Quand vous êtes sur l’autre bord, changez les pieds de côte et changez la wing de sens. Vous pouvez faire l’inverse. Pour le changement de position de la wing, il n’y a pas de technique plus efficace qu’une autre car l’engin est tellement léger qu’il se manipule très facilement. Généralement, on change la wing de sens en faisant passer le bord de fuit par le bas.

Voilà ! Maintenant vous êtes un vrai wingsurfer ! 😉

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