Philippe Ribière est un grimpeur de haut niveau, spécialisé dans le bloc. Il a réussi à se démarquer grâce à l’escalade, qui a littéralement changé sa vie. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur lui. Si vous souhaitez découvrir notre TOP 5 DES SITES D’ESCALADE, c’est par LA !

Fiche technique – Philippe Ribière

Débarquement sur terre : Je suis né le 12 mars 1977 sur la Lune !Philippe ribiere
Début de pratique : J’ai débuté en 1994 après avoir essuyé un refus de la part d’un club de vélo qui ne voulait pas de personnes handicapées.
Discipline favorite : Ma discipline favorite c’est le bloc, on utilise des morceaux de rocher de 2 à 5-6m de haut sans corde, avec des matelas de réception qu’on appelle des crash pad. Je préfère grimper en extérieur car c’est plus « free », et beaucoup plus naturel.
Site de pratique régulière : Je me suis installé depuis 2-3 ans en Ardèche, où j’ouvre un site d’escalade, un site de bloc justement, je m’investis beaucoup là-dedans.
Le site le plus difficile que tu aies grimpé : Ma meilleure performance c’était du 7a+ en bloc, ce qui est quand même déjà du haut niveau, sachant qu’avec mon handicap, je n’ai pas de force dans les avant-bras. C’était en 2008 sur le site de La Capelle dans le Gard (entre Uzès et Avignon).
Une musique qui te met la patate avant de grimper : J’écoute un peu de tout, je n’ai pas de recette magique pour être de bonne humeur le matin. 😄

Interview de Philippe Ribière

Sportihome Mag : Qu’as-tu fait ces derniers mois et quels sont tes projets à venir ?
En ce moment je vis dans un appartement en Ardèche, au milieu de la montagne. C’est vraiment le bon compromis entre mes années de vadrouille, 8 ans dans un camion et le fait de se poser aussi à un moment.
Après des projets j’en ai plusieurs. Le prochain c’est la reconversion dans la photo, je fais beaucoup de photos en studio. J’essayais de faire la promotion sur le handicap, mais je n’avais jamais trouvé de réalisateur qui voulait faire un film d’escalade avec moi, donc du coup j’utilisais la photo et la vidéo pour m’auto-promotionner. De ce fait j’ai appris à utiliser mon corps, mon image à travers un objectif. Cela m’aidait à extérioriser mes angoisses, comme une espèce d’autothérapie.

Après, l’autre projet serait dans la musique, mais c’est assez éphémère, on verra plus tard.

Sportihome Mag : Qu’est-ce qui te plait dans l’escalade et quel fut le déclic te poussant à choisir ce sport ?
Je n’y ai jamais vraiment réfléchi, c’est un peu comme quelque chose d’inné, comme se réveiller, dormir, manger, etc. Pour moi ça me parait naturel.
Le déclic, je pense que c’était la fois où je suis arrivé aux Championnats de France en 1995. A l’époque je ne voyais pas de grimpeurs handicapés à l’extérieur, j’ai été le premier à m’affronter avec des grimpeurs valides, et je pense que je serais aussi le dernier.
J’ai vraiment aimé l’escalade le jour où j’ai arrêté mes études après mon BAC. Au lieu d’aller de suite travailler, j’ai pris une année sabbatique qui au final s’est transformée en 25 ans de voyage pour ce sport !

Sportihome Mag : Est-ce que tu as été inspiré par un grimpeur ? 
Est-ce que j’ai eu un modèle ? Non.
Après, il y a tout ceux de ma génération. Pour faire un peu un cliché et parce que je l’ai rencontré, Patrick Edlinger, c’est lui qui a démocratisé l’escalade au grand public. Après il y a un bonhomme que j’apprécie tout particulièrement et avec qui j’ai une bonne relation c’est Fred Nicole, un Suisse qui a révolutionné le bloc, mais sinon des gens qui m’ont inspiré… bah je dirai « moi ». Je ne pense pas qu’on ait besoin d’un modèle.

Sportihome Mag : Quelles sont pour toi les valeurs que cette pratique véhicule ?
Ce qui me plait dans l’escalade c’est le côté social avec les gens. Il y a aussi la notion de respect qui est importante. Le respect envers la nature : on ne taille pas des prises parce qu’on a envie de faire un passage.

 « Si tu ne respectes pas la nature, la nature est plus forte que toi, elle va t’en mettre une »

Philippe Ribière interview

Sportihome Mag : Quels souvenirs gardes-tu de ta première compétition ? Et pensais-tu devenir un jour champion ?
Je ne sais pas ce que ça veut dire un champion. Ma première compétition était en 1994, même pas un an après avoir débuté l’escalade. Quand on me l’a proposé, j’ai cru que c’était une blague.  Au final cette blague m’a emmené aux Championnats de France ! Je me rappelle, j’étais hyper stressé et hyper intimidé. Entre le fait que j’avais un petit niveau et que j’étais encore très introverti.
Mais j’ai fini 3e sur 4 donc j’étais content. Quand je suis rentré à la maison mes parents s’en moquaient un petit peu. Ça m’avait un peu déçu, mais ça m’a donné cette première piqûre de drogue naturelle qu’est l’escalade, et je me suis dit « pourquoi pas faire ça dans le futur ».

Sportihome Mag : Aujourd’hui, tu organises des événements handi-grimpe, peux-tu nous en dire quelques mots ?
L’événement handi grimpe je l’ai créé en 2003 grâce à certains sponsors qui me faisaient confiance. Je me suis dit que ce n’était pas possible de faire un événement que pour les personnes handicapées, ça fait un peu une catégorisation des choses. Du coup j’ai voulu rassembler valides et handicapés sur le même événement. Pour les athlètes handis, c’était une forme de compétition et c’était aussi pour les recenser en vue de monter une équipe de France. Je fais donc ça depuis maintenant 15 ans. Les 3 premières années se sont déroulées à Nîmes dans le Gard, et depuis 13 ans, cet événement se déroule à Paris.

Sportihome Mag : Tu bouges pas mal pour aller grimper, j’imagine ?
Justement mon travail est de faire de l’escalade et de voyager aux 4 coins du monde. Je fais aussi beaucoup de conférences à l’étranger, pour raconter un peu mon vécu, etc.
Mon prochain objectif est de diffuser mon film  « Wild One », qui n’a jamais été diffusé en France, mais qui fut vendu aux Etats Unis et dans plusieurs autres pays Européens.

Sportihome Mag : Que penses-tu du concept de Sportihome, qui est dans l’idée de rapprocher les gens à travers des passions sportives ?
Si ça ramène des jolies filles en Ardèche alors OK ! (rires) Non mais c’est bien, cela permet d’échanger. Pas tout le monde a les moyens de se payer un hôtel, pour aller à tel ou tel endroit et assouvir sa passion, donc c’est pas mal quoi !
Le concept est cool, les gens viennent dans une maison, ils pratiquent leur sport, ils échangent, ils se parlent, ils se comprennent, et puis voilà, c’est peut-être avec des petits trucs comme ça qu’on arrivera peut-être à refaire le monde « Freedoooom »

Sportihome Mag : Quels spots conseillerais-tu autour de chez toi, pour débuter l’escalade ?
Alors, il existe pas mal de spots comme « La grotte des branches », les Actinidias et Chaulet plage. Sinon il y a toujours un spot d’escalade à 5min, c’est top !

Merci de nous avoir accordé un peu de ton temps, à très bientôt sur Sportihome.com !


Reportage de Philippe Ribière dans l’émission Riding Zone ⬇


Ces articles devraient vous intéresser :

Facebook Comments