RENCONTRE AVEC LE SKIPPER PIERRE QUIROGA

Sportihome a eu la chance de pouvoir interviewer le navigateur Pierre Quiroga.
Licencié au Centre d’entrainement de la Grande Motte, à 2 pas du siège de Sportihome, nous sommes allés à sa rencontre pour en savoir un peu plus sur lui, comment est-ce qu’il vivait les courses à bord de son bateau et s’il avait des coins à conseiller pour pratiquer la voile.
Tout juste diplômé d’un Master logistique & Commerce international, il se consacre désormais 100% à sa passion, devenue un réel projet professionnel.

Fiche technique – Pierre Quiroga

Interview de Pierre Quiroga

Sportihome Mag: « Qu’as-tu fais ces derniers mois et sur quel spot de la planète bleue es-tu en train de profiter de la vie ? »
En ce moment je travaille sur deux projets : le Diam 24 et le Figaro.

Ces derniers mois, j’ai donc fait pas mal de compétitions sur ces deux supports :

  • Deux solitaires du Figaro (dernièrement la Solo Maitre Coq où j’ai terminé 8ème)
  • Deux de Diam 24 : le Diam 24 ce sont des courses sur un trimaran à 3 coques sur lequel on part seulement pour la journée, je navigue avec Robin Follin, Sandro Lacan et Jules Bidegaray.

Sportihome Mag: « Qu’est-ce qui te plait dans la voile et que ressens-tu lorsque tu es sur l’eau ? »

  • J’aime cette liberté qu’on peut avoir à prendre ses propres décisions et tirer ses propres bords. Il faut savoir être humble face à la météo et s’adapter dans toutes les situations.
  • Mais j’adore aussi l’aspect compétition. Lors des courses du Figaro, on est seuls sur des bateaux de 10mètres et on se bat à armes égales. C’est vraiment le marin qui fait la différence.
    C’est aussi valorisant car on a la possibilité de battre les grands navigateurs du Vendée globe (Comme il a lieu une fois tous les 4 ans, ils s’entrainent sur des courses de Figaro).

Je pense que c’est vraiment un mix des deux.

Sportihome Mag: « Comment vis-tu la solitude à bord de ton voilier ? »
Il ne faut pas que ça ne dure trop longtemps !
A ce jour, je n’ai pas encore fait de transatlantique sur ce petit bateau. J’avais fait une moitié de transatlantique jusqu’aux Açores durant 7 jours, ça avait été le plus long.

Le moment où la solitude se fait le plus sentir, c’est après le 3 et 4ème jour. Passé ce point, on rentre dans une routine que j’apprécie, c’est un autre mode de fonctionnement que sur les courses plus courtes.

Les courses de la saison Figaro, durent généralement entre 3 et 4 jours. Comme nous avons tous les mêmes bateaux  nous naviguons presque toujours à vue, avec l’adrénaline de la course et la concentration on ne ressent pas spécialement ce problème de solitude.

Sportihome Mag: « Et d’ailleurs, comment fais-tu pour naviguer, même quand tu dors ? »
Alors, il faut savoir qu’on barre seulement environ 20 % du temps, le reste on le passe à actualiser la météo, déplacer le matériel (matossage), faire les réglages et changer les voiles etc.

Et 80% du temps, on est sous pilotage automatique, on donne un cap et le pilotage va s’autoréguler pour aller vers le cap choisi. 

Par contre, on ne dort jamais très longtemps : 3 à 4 fois 10min par tranche de 24h.
En amont de chaque course, je fais beaucoup de sophrologie. J’apprends à faire de l’autohypnose pour tomber en sommeil profond en moins d’une minute (Le cours en phase A1 a besoin de 9 minutes de sommeil profond pour récupérer).

Sportihome Mag: « Parmi tous les bateaux navigués, lequel a été ton préféré ? »
Je pense que c’est l’optimiste, le tout 1er.

Avec lui, c’était les premières courses, là où on découvre véritablement notre sport et nos premières sensations, peurs, pleurs, cris de joies, 1ers coups de baume (rires), premières victoires.
On apprend vraiment toutes les bases sur l’optimiste. C’est un support de référence, quand on sait qu’il a maintenant 70 ans.

Sportihome Mag: « Comment est-ce que tu te prépares pour une solitaire ? »

  • Aspect matériel : mécanique, électronique, choix et préparation des voiles, stocks du bateau, tout l’aspect logistique (camion et personne qui suit son bateau, choix du préparateur pour les courses, …)
  • Aspect skipper : une réelle préparation physique. Il faut être un mix entre un marathonien et un athlète ; avoir de la force mais sans trop de masse pour pouvoir déplacer son poids sur le bateau malgré la fatigue et l’instabilité permanente.

Je fais donc pas mal de sports d’endurance : du trail, du kitesurf, de la planche à voile, du crosstraining, etc.
Il y a aussi une réelle préparation mentale comme je disais avec la sophrologie.

  • Préparation nutritionnelle: la nourriture doit être préparée en avance, il faut essayer & sélectionner les plats, trouver de nouvelles recettes, des moyens de conservation, etc.
  • Communication & recherche de partenaires : La relation avec les sponsors, communication interne, Relations Presse…

Sportihome Mag: « Actuellement, tu t’entraînes sur un « bateau volant » le OneFly, peux-tu nous en dire un peu plus ? »
Je découvre ce bateau en ce moment. Je suis d’ailleurs allé faire des démonstrations lors de l’événement Nice UltiMed.

C’est un bateau pensé en 2014 et dont la commercialisation a réellement été lancée fin 2017.

Les bateaux Onefly sont 100% made in France, fabriqués dans une entreprise de Balaruc-les-bains, sur l’étang de Thau. Il y a déjà 15 bateaux lancés cette année et un carnet de commandes bien rempli. Ils vont en produire plus pour les années à venir et ont l’espoir de devenir un support FFV pour les Championnats de France.

En clair, c’est une monotypie de 2m50 sur un foil.
Aujourd’hui, c’est un peu la grande mode, le paddle foil, le kitesurf foil, donc un bateau volant c’est un support qui fallait aussi inventer. La grande différence que l’on peut rencontrer avec ce genre de bolide des mers qui existaient déjà, c’est que l’on est dans une monotypie donc des bateaux égaux et performants, c’est quelques chose d’important pour moi.
Il est complètement différent des bateaux dont j’ai l’habitude de naviguer (lourds, lents 7-8 noeuds, habitables, un effort  dans la durée).

Ce bateau, c’est de l’instantané avec des courses de 7-8 min, allant de 20-25 nœuds. Il apporte de grosses vitesses, d’autres sensations et d’autres ressentis.

Sportihome Mag: « Quelle est ta plus belle rencontre par le biais de ta passion ? »
La plus surprenante a été Olivier de Kersauson, l’un des équipiers favoris de Tabarly, une réelle référence de la voile française.

C’est l’ancienne génération,  ils n’avaient pas la même préparation physique, logistique et matérielle et faisaient des Tours du Monde en naviguant avec une carte.
C’est vraiment atypique quand il raconte ses aventures et la différence avec la façon dont nous, aujourd’hui sportifs de haut niveau en voile, gérons nos projets. Sa façon de partager ses aventures est une vraie inspiration pour moi.

Sportihome Mag: « Que penses-tu de l’idée de Sportihome.com, qui est de rapprocher les gens au travers des passions sportives ? »
Je pense que c’est passionnant,  intéressant et enrichissant de pouvoir discuter avec d’autres passionnés du même sport que toi.

C’est une belle initiative de faire rencontrer des personnes partageant les mêmes passions. Un Meetic des sportifs ! (rires)

Je suis souvent invité au Club Mer la Provence et justement, j’adore le fait de rencontrer des personnes qui font de la voile en amateur. Ce côté échange avec eux et de leur demander comment ils ressentent la voile, c’est hyper enrichissant.

Sportihome Mag: « On dit qu’une mer calme n’a jamais fait un bon marin, quel est selon toi, le meilleur spot pour apprendre la voile ? »
Pour moi, c’est Hyères les palmiers. C’est un super spot car on rencontre toutes les conditions de mer, on a du vent presque 90% de l’année et surtout, contrairement à d’autres régions plus réputées pour ce sport, il fait beau et chaud !
C’est là-bas que j’ai découvert la voile et c’est là-bas que j’ai décidé de continuer. J’y retourne d’ailleurs régulièrement. Le cadre est top avec les îles de Porquerolles, Port cros, le Lavandou…

Sportihome Mag: « Quel est ton prochain défi ? »
La Solitaire URGO le Figaro.

Pour explication, la saison Figaro est rythmée de 7 régates à l’année.
Il y a des régates qualifications et le grand Chelem qui a lieu en fin aout/début septembre durant 1 mois de compétition non-stop.
C’est vraiment l’événement phare que tout le monde souhaite gagner sur le circuit.
C’est une régate extrêmement exigeante, où l’on doit faire 4 étapes de 3 jours et on a seulement 1 journée de pause entre chaque étape. On ne se repose jamais, , il est dit par les grands marins français que c’est l’une des courses les plus dures au monde !

Sportihome Mag: « Merci pour tes réponses, à très vite ! »

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